Vendredi 1 février 2008




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    Anne-Sophie ATEK exposera ses nouvelles oeuvres à partir du vendredi 8 février 2008.
   Portrait d'une artiste à part.



Atek, ou la religion du corps

 

 Religieusement, Anne-Sophie Atek dessine.

 Elle relie tous les points d’un corps infini qu’elle cherche à rassembler, à condenser, un corps mouvant qui ne se laisse pas aisément circonscrire,  un corps qui s’étend, se développe, se prolonge, bourgeonne, un corps dont elle relève le tracé d’une main blanche et ferme pour en extirper les viscères et les mystères.

 Nous l’avons interrogée sur ses nouvelles créations.

 

 Olipo : Cette exposition est la première où tu montres des travaux en couleur. Tu as définitivement abandonné le noir et blanc ?

 ATEK: Pas tout à fait, je reste fidèle à l'encre de chine même si j'utilise la couleur actuellement. D'un autre côté, j'étais arrivée au bout de ma technique au crayon, je voulais explorer d'autres pistes, je voulais me surprendre à nouveau, pour un artiste c'est capital!

O: Penses-tu un jour aborder la « vraie » peinture ?

A: Je suis à mi chemin. Je vis actuellement une période de transition et je pense que mes encres colorées sont les prémisses du grand saut dans la peinture.
Cependant je suis très attaché au dessin, au graphisme, que j'essaierai de valoriser de toute façon dans ma peinture.

O: Peux-tu nous parler de tes influences?

A: Je pourrais citer Jérôme Bosch et les primitifs Flamands pour le raffinement et l'inventivité des détails, et parmi les contemporains Otto Dix, ou des gens plus éloignés de mon travail comme Louise Bourgeois et Annette Messager. Mais d'une manière générale je regarde assez peu le travail d'autrui.

O: Ca ne t'intéresse vraiment pas?

A: Si, bien sûr! Mais j'ai peur d'être influencée...Et puis je dois dire que l'art actuel, les installations, l'art numérique, tout ça me laisse de marbre. Je prône le retour à la main, à l'ancienne!

O: Tu n'as pas peur de passer pour une artiste réactionnaire?

A: Disons que c'est une saine réaction face aux âneries qu'on essaie de faire croire aux gens depuis 50 ans. Je ne suis pas la première à souligner le fossé qui sépare les artistes du public, mais comment pourrait-il en être autrement? Les gens ne sont pas si bêtes et le mépris dans lequel les tient une certaine intelligentsia officielle a conduit à ce hiatus que l'on observe aujourd'hui. Il faut revenir à la réalité!

O: Revenir à l'humain?

A: Oui, ce n'est pas pour rien que je place l'être humain, son corps, sont âme au centre de mes préoccupations artistiques. On ne peut pas communiquer uniquement par abstraction, à un certain moment, il faut se salir. C'est pas toujours très beau un être humain, mais c'est pas toujours tout noir non plus, il faut arrêter de se mentir là-dessus, être réaliste au propre comme au figuré!
 On note d'ailleurs un net retour à la figuration ces derniers temps, au "métier" également, c'est plutôt bon signe.

O: Si le corps reste ton thème de prédilection, je note aussi l'apparition d'animaux, et même de paysages.
  Tous ont le même point commun, c'est cette mise en abîme des détails. Tu as horreur du vide?

A: Sûrement! En fait c'est plutôt relié au côté infini du dessin: chaque image se décompose en images secondaires qui elles-mêmes parfois se subdivisent en images plus petites. Si j'en avais la possibilité, je pousserai cette subdivision encore plus loin. Je pense que le vide n'existe pas. Cet univers est plein comme un oeuf (Le thème de l'oeuf revient d'ailleurs souvent dans mon oeuvre)!

O: Certains pensent que ton travail est proche de l'art psychotique, de l'art brut ou de l'art singulier.
Quelle est ta position sur ce jugement?

A: Je te répondrais par le mot de Dali: "La seule différence entre moi et un fou c'est que moi je ne suis pas fou." Mon travail est voulu et maîtrisé, il n'a rien à voir avec une quelconque psychose, ni avec l'art brut ou singulier puisque n'oublions pas que je suis une "professionnelle", j'ai étudié aux Beaux-Arts, je ne suis pas autodidacte et je sais où je vais. Eh non, je ne suis pas folle! Désolée.

O: Nous voila rassurés!
Pour finir, je crois que la naissance de ta fille est pour quelque chose dans l'évolution de ton travail, non?

A: Il va de soi que que le fait d'être mère a changé ma vision des choses. Je suis plus déterminée que jamais, cela me donne la force de continuer, la force et la sagesse aussi. Je suis désormais apaisée, plus sereine, ce doit être la maturité...mais pas la retraite! J'ai beaucoup travaillé pour cette exposition, et j'ai encore pleins de projets en réserve!

O: La peinture?

A: Oui, et la sculpture aussi, mais c'est encore trot tôt pour en parler.

O: Nous te donnons volontiers rendez-vous dans quelques mois pour voir le résultat!

A: Je serai là, pas de doute!


Anne-Sophie ATEK  "PYGMALION" du 8 au 29 février 2008







Par OLIPO
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